La Chine vient de franchir un cap stratégique en dévoilant une armée dopée à l’intelligence artificielle lors d’une parade militaire d’une ampleur inédite. Entre radars impossibles à brouiller, véhicules autonomes et percée des startups technologiques, Pékin affiche son ambition de repenser la supériorité militaire à l’ère cognitive. Cette transformation, portée par un écosystème dynamique mêlant industrie historique et innovation de pointe, redéfinit les équilibres technologiques mondiaux et inquiète experts comme concurrents.
L’essor technologique accélère la mutation militaire chinoise
La dernière parade militaire chinoise marque une rupture majeure dans l’histoire des armées modernes. L’intelligence artificielle, la robotique et de nouveaux composants électroniques s’invitent désormais au cœur de la stratégie de la République populaire.
Cette démonstration de force met en exergue une volonté de modernisation rapide. Les innovations présentées (véhicules autonomes, armements laser et systèmes électroniques de pointe) illustrent une montée en gamme jamais vue dans les rangs de la PLA (People’s Liberation Army).
Intelligence artificielle et systèmes non-humains : les nouvelles armes de la PLA
L’intégration de l’IA dans l’arsenal militaire se traduit par des véhicules terrestres autonomes capables de missions variées : reconnaissance, assaut, neutralisation d’engins explosifs, ou encore appui tactique. Les unités de guerre électronique et de cybersécurité occupent une place de choix, cristallisant la dimension « cognitive » du nouveau conflit.
Le déploiement de systèmes intelligents s’appuie sur les progrès en traitement du signal, analyse de données massives et fusion capteur. Cela confère à l’armée chinoise une capacité d’adaptation en temps réel sur le champ de bataille, une première à cette échelle.
Radars dopés à l’IA : une révolution contre la guerre électronique
L’une des avancées marquantes concerne le radar militaire intelligent. Testé sur avion, le système développé par le China Electronics Technology Group permet une détection quasi parfaite même sous brouillage intensif, là où les radars classiques cèdent rapidement du terrain.
La continuité de suivi des cibles atteint désormais plus de 99%, contre 70 à 80% auparavant. Cette percée annonce un bouleversement stratégique : elle rend obsolètes de nombreuses méthodes de guerre électronique adverses et rebat les cartes dans la supériorité aérienne.
Startups, dual-use et écosystème IA : le vrai moteur de la montée en puissance
Au-delà des industriels historiques, un tissu dynamique de startups issues des technologies duales (civiles/militaires) alimente la modernisation militaire chinoise. Ces entreprises issues de la tech, souvent nées à partir de 2010, fournissent des solutions dans la modélisation sémantique, la navigation sans GPS, le pilotage automatique de drones par essaim ou le traitement avancé des capteurs thermiques.
Des compagnies comme Beijing SOUVI ou JOUAV livrent des technologies capables de transformer un navire civil en plateforme militaire temporaire, voire en agent d’interdiction maritime. Les applications s’étendent du blocage de zones à la surveillance de nuit ou en conditions météorologiques difficiles.
Ce maillage de PME innovantes échappe pour l’instant aux sanctions américaines, donnant à Pékin une flexibilité d’acquisition et un pouvoir d’anticipation stratégique inédits.
Les ambitions chinoises redéfinissent la compétition technologique mondiale
La parade de 2025 révèle une « informatisation » et une « intelligence » croissantes des forces chinoises, y compris dans les domaines de la dissuasion stratégique, des armes hypersoniques et des systèmes sous-marins autonomes.
L’approche chinoise du développement IA, plus ouverte aux jeunes pousses et à la recherche universitaire qu’auparavant, rapproche son écosystème de celui de la Silicon Valley tout en préservant un encadrement étatique fort.
La Chine prend une longueur d’avance dans la militarisation de l’intelligence artificielle et des technologies de rupture. Cette dynamique s’appuie sur une synergie entre industrie, startups technologiques et institutions militaires. Si la performance des radars inviolables et l’intégration de systèmes non-humains intriguent, c’est la capacité d’adaptation rapide – permise par cet écosystème hybride – qui façonnera l’équilibre des puissances dans les années à venir.